On voit tout de suite qu' il serait difficile de séparer la mythologie de la religion, dont elle est une manifestation évidente. Sans vouloir prétendre comprendre d' un seul coup d' oeil la religion Grecque, son esprit, ses manifestations, sa place dans la Cité, il s' impose ici que l' on tente, au moins briévement, d' examiner ce que pouvait étre le sentiment religieux d' un Grec, quel regard portait sur les Dieux et les héros le peuple des Cités Grecques. Dans les premiéres lignes de l' étude qu' il consacre a la mémoire de Socrate, Xénophon rappelle l' acte d' accusation qui devait mener le philosophe Athénien a son procés public, et a la mort, en 399. " Socrate est coupable de ne pas reconnaitre les Dieux reconnus par l' Etat et d' introduire des Divinités nouvelles ; il est coupable de corrompre les jeunes gens." ( Xénophon, les Mémorables.) Socrate est condamné a mort parce qu' il ne reconnait pas les Dieux de la Cité, c' est donc dire que de ne pas accepter les Dieux reconnus par l' Etat fait qu' on n' est pas un bon citoyen. Telle est de Facto la situation dans les Cités Grecques, ou l' on ne distingue aucunement le temporel du spirituel, pour utiliser des termes d' appartenance, qu' elles ont pour but de créer et de raffermir.

J.D.