Cette relation privilégiée à la Nature résultait en effet de conditions de vie particulièrement rustiques et difficiles, obligeant les Hommes à s’adapter à leur environnement, en apprenant à le connaître et à le respecter. S’en est suivi la réalisation de rituels saisonniers qui marquaient le temps dans la vie des tribus, notamment pour la réalisation des travaux agricoles et domestiques. Le temps de la vie était aussi rythmé par les rites de passages qui octroyaient à l’individu son statut et sa place dans la communauté.

Mais avec l’évolution des civilisations urbaines, et ce jusqu’à nos jours, nos relations sociales se sont complexifiées et notre rapport à la nature et l’environnement s’est dissout avec l’apparition de nombreux intermédiaires (ne serait qu’au niveau alimentaire), l’éloignement aux espaces naturels avec l’apparition des grandes villes et la création de lieux de vie entièrement bétonnés (logement, transport, travail, commerces…). La technologie, l’industrie et l’économie ont fait de notre civilisation occidentale le monde moderne que l’on connaît, avec son confort et toute sa face cachée.

L’humain moderne s’étant déconnecté de son environnement et d’une certaine forme de conscience spirituelle de la vie et de la nature, il est aujourd’hui, et depuis plusieurs décennies à l’origine de crises environnementales sans précédent. Pollution des sols, de l’eau, de l’air, pénurie des ressources, surpêche, surexploitation, maltraitance des animaux d’élevage, accumulation des déchets dans la mer, assèchement des zones humides, destruction des milieux naturels et de la biodiversité, cancers et maladies liés aux pesticides et aux produits chimiques de toutes sortes… Tout indique que notre système actuel fonctionne désormais en totale déconnexion avec la réalité.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’Homme a besoin de se reconnecter à son environnement, à sa terre, de retrouver une conscience spirituelle de la vie qui l’incite à reconsidérer la Nature avec un plus grand respect.
Alors, qu’en serait-il si une nouvelle forme de spiritualité ravivait cette conscience, renouant avec les croyances et la sagesse des peuples primitifs tout en s’intégrant dans notre civilisation contemporaine ?

Ainsi-en est-il du Paganisme de la Terre : l’espérance de renouer les liens entre l’Homme et la Nature dans sa dimension profonde et spirituelle, dans une vision panthéiste du monde s’inspirant des connaissances modernes en écologie et de la sagesse des peuples anciens.

T.S.