A peine ta sagesse nous a t elle révélé que l' Univers n' était point l' ouvrage des Dieux, aussitot les terreurs de la superspition s' évanouissent, les bornes du Monde disparaissent : je vois l' Univers se former au milieu du vide ; je vois la cour des Dieux, dans ces tranquilles demeures qui ne sont jamais ébranlés par les vents ni troublées par les orages, que respesctent les flocons de la neige condensés par le froid piquant, qu' entoure sans cesse un air pur, et ou brille radieuse une Lumiére toujours égale. La nature leur prodigue tous ses soins ; rien ne peut en aucun temps altérer la paix de leurs ames ; ils ne voient point le noir séjour de l' Achéron, et la terre ne les empéche point de contempler sous leurs pieds les scénes diverses qui se passent dans le vide. Quand je médite sur ces grands objets, je me sens pénétré d' une volupté divine, j' éprouve un saint frémissement, en considésirant par quel heureux effort tu as su déchirer le voile dont se couvrait la nature.